L'hypnose

 « Chacun a pu faire l’expérience d’un roman dont la lecture consciencieuse permet de nous évader, ou celle d’une suspension hors du temps à force de contempler le mouvement des vagues, etc. En bref, chacun a pu faire l’expérience d’un état de conscience modifiée (différent donc de l’état de veille habituelle). L’état hypnotique est précisément ce moment de conscience où les choses sont perçues autrement. Depuis la seconde moitié des années 90, cet état a été identifié et caractérisé en imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle et PET-Scan), attestant ainsi de son existence réelle. Scientifiquement, on peut maintenant affirmer que l’état hypnotique est une réalité... » Antoine Bioy, Docteur en psychologie

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Petit aparté (très simplifié) pour mieux comprendre : la conscience se caractérise par notre état de vigilance au quotidien. Elle qui nous permet de comprendre les choses que nous voyons, entendons, etc. Lorsque nous sommes pleinement réveillés, nous sommes conscients.  A l'inverse, l'inconscient se compose de souvenirs plus ou moins enfouis, de rêves, d'intuitions, d'émotions... Il se manifeste, entre autres, pendant les périodes de sommeil, sous forme de rêves.

Pour accéder à cet inconscient, l'hypnothérapeute provoque un état de transe. Pas de panique ! L'état de transe n’a rien de spectaculaire et est plutôt anodin. En fait, vous le ressentez tous les jours et même probablement plusieurs fois par jour, sans même vous en rendre compte. L'état de transe désigne tout simplement ce moment où votre attention est totalement focalisée sur un point précis, au point d'en oublier tout ce qui vous entoure. Ce peut être le cas, par exemple, lorsque vous conduisez sur l’autoroute et que vous avez perdu la notion de temps et de distance parcourue. Le rôle de l'hypnothérapeute est de vous guider pour atteindre cet objectif que vous aurez au préalable déterminé ensemble.

La façon dont l’hypnose agit est maintenant connue : en revisitant la réalité en impliquant l’imaginaire, la perception du souvenir est modifiée. Ceci a pour effet de diminuer l’importance des symptômes d’un certain nombre de pathologies, et de développer chez l’individu des comportements inédits, lui permettant de mettre à distance le motif d’une souffrance, voire dans certains cas, de la résoudre.

L’hypnose n’est pas une baguette magique : elle ne change pas la réalité, mais elle nous aide à faire avec.

Un processus en trois phases

Avant toute séance d’hypnose, un prérequis indispensable : le consultant et le praticien s’accordent sur l’objectif de la séance. Par exemple affronter une phobie, se préparer à une épreuve, apaiser un état de stress. Le processus se passe ensuite en trois phases, pour une durée allant de quelques minutes à plus d’une heure.

1) La phase d’induction. C’est une phase de relaxation qui mène vers un état d’hyper-concentration, appelé « état modifié de conscience ». Attention ! Il ne s’agit pas de sommeil ni de perte de conscience. Au contraire, la personne entend, dans un état d’hyper-conscience, comme captivée par un film.

2) La transe hypnotique ou phase de travail. Le praticien utilise des suggestions d’images et d’histoires afin de guider l’individu vers son objectif. Durant la session, la personne sous hypnose entend tout ce que lui dit le praticien et peut même interagir avec lui.

3) La phase de sortie. Par un compte à rebours ou la perception retrouvée du lieu, la personne revient à la réalité du moment. Un compte rendu n’est pas indispensable, l’expérience vécue est porteuse en elle-même d’un bienfait qui ne nécessite pas forcément d’analyse complémentaire.

Dans ces trois étapes, le praticien agit comme un guide protecteur. Il aide la personne à entrer puis sortir calmement de cet univers qui n’appartient qu’à elle et, entre les deux, s’assure que son mental vogue vers l’objectif.

« Il faut garder à l’esprit que, même si l’on observe que l’hypnose peut avoir un impact fort sur le retour à la santé de malades, cette pratique ne soigne pas. Elle ne se substitue pas à un suivi médical adapté. »